M comme Mission ou Profil

Un billet complet consacré à ce qui n’est qu’une rapide question posée lors de l’entretien d’embauche. Cela sent les auteurs de blog qui ne savent pas comment tenir en haleine leur public et qui n’ont rien à raconter. « Vous préférez une embauche sur profil ou sur mission ? » Nous savons que vous souhaitez avant toute chose un boulot et la notion de profil ou de mission, la première fois, n’est pas forcément très claire. Et à voir la réaction des clients quand vous spécifiez votre choix sur mission et non sur profil, il doit y avoir là un sujet à creuser.

Une embauche sur profil cela veut dire que votre manager veut capitaliser sur votre expérience. Que votre richesse et votre variété sont à même de correspondre à beaucoup de ses clients. Bref votre CV le fait saliver et il sera extrêmement facile de vous placer en mission compte tenu de vos références et/ou connaissances.

Une embauche sur mission, c’est un peu vous qui menez la danse. Vous n’accepterez d’intégrer la SSII ou le cabinet de conseil qu’à la condition d’une proposition de mission qui corresponde à vos souhaits et à vos attentes.

De façon schématique votre première embauche se fait sur profil en raison de votre absence d’expérience. Cela peut paraître contradictoire avec notre introduction liminaire, mais vous serez un junior et un junior ça se place n’importe où. Faites un peu confiance à votre manager.

En outre vous avez vraiment besoin d’un salaire et vous avez peur d’attendre une mission rêvée qui n’arriverait jamais. Votre inexpérience veut dire junior et votre manager va vous façonner selon ses besoins. Par la suite, comme un vieux singe grimaçant vous ne souhaiterez pas forcément que l’on vous refasse le coup de l’embauche sur profil et vous préférerez une embauche sur mission du fait de votre connaissance d’une langue étrangère, votre maîtrise d’un langage ou d’un logiciel en vogue, votre expérience sur tel métier ou tel secteur.

Donc tout est très clair, fin du billet et vous verrez, cela ira mieux demain … pas tout à fait. Si nous avons souhaité un billet particulier pour ce sujet c’est que nous avons voulu vous mettre en garde sur certaines pratiques. Une embauche sur profil s’accompagne à chaque fois de la rengaine suivante « En plus il y a un très fort besoin de profils comme le votre chez les clients en ce moment. » Au fond de vous c’est la jubilation. On vous laisse à penser que votre importance est reconnue et attendue sur la place.

Mais entre l’annonce et votre arrivée, il n’est pas rare que les besoins des clients aient fondu comme neige au soleil. A moins, mais nous n’oserions pas imaginer de telles pratiques, que les SSII et autres cabinets de conseil n’appâtent le chaland de la sorte. Vraiment inimaginable.

Vous arrivez donc dans votre entreprise et commencez par une période d’inter-contrat puisque bizarrement il n’y a plus de besoin que vos compétences pourraient couvrir. Votre manager commence par vous dire que votre profil n’est plus aussi sexy, qu’il rencontre des difficultés à le proposer ou à le placer, que la très belle mission évoquée à l’embauche risque de ne pas se concrétiser. C’est la vieille technique de la culpabilité. Tout est entièrement et uniquement de votre faute. Comme si vous étiez rentrez dans les bureaux pointant une arme sur le commercial et hurlant : « Un CDI ou la vie ? » C’est lui qui vous a embauché, qu’il prennent ses responsabilités.

Car vous noterez rapidement que la faute vient toujours de vous et de votre CV, jamais de son incompétence à placer correctement un consultant en mission. Il faut dire qu’à force de raconter n’importe quoi lors des entretiens chez les clients, ces derniers commencent à se méfier de ses pushs. En parallèle vous comptez les jours, conscient d’être en période d’essai et de la difficulté du marché du travail actuellement. Le management par la peur. Le fond de commerce des SSII. Alors arrive le piège qui vous était tendu dès le départ, que vous n’avez pas vu et dans lequel vous vous engouffrez tête baissée.

Ce cher manager vient vous voir, un jour, en jouant de la carotte et du bâton. Il vous rappelle le coût que vous représentez pour la boîte avec un gain nul. Il vous explique que vous ne faites pas assez d’efforts pour accepter les missions que l’on vous propose. Que vous n’aurez jamais la mission de vos rêves à dix minutes de chez vous. Qu’il faut s’adapter au marché et il vous adresse ce qui semble être votre dernière chance : « C’est un peu différent mais comme tu me parlais d’élargir le volant de tes connaissances, je crois que cette mission correspond bien à ton profil. »

Vous l’aurez compris cette mission est très, très éloignée de vos espérances géographiques, professionnelles, carriéristes. Mais c’est ça où la porte. La mission c’est 1h30 de transport matin et soir, un projet peu intéressant, un rôle de grouillot. Votre cher manager vous la vend comme THE mission que l’on s’arrache. Cela sent à plein nez le fond de pipe. Comme ce dépôt qui se forme dans les bouteilles, le moins bon, le résidu, la lie : votre mission.

Et là, histoire d’achever votre optimisme qui vient de faire une chute vertigineuse, il ajoute « Mais de toute façon c’est temporaire, tu restes trois mois le temps que le marché rebondisse, je te sors de mission et je t’envoie sur un truc d’enfer. » Il vient, au passage, de reconnaitre que la mission sur laquelle vous partiez n’était pas d’enfer. Nous ne voudrions pas détruire ce qu’il reste de vos espérances mais une fois en mission vous n’existez plus pour le manager et à moins de violer le client vous êtes là-bas pour un bon moment. Attention, le viol est ici une image et nous n’invitons personne à sauter sur qui que ce soit. Mais vive l’embauche sur profil.

Alors que l’embauche sur mission c’est sexe, drogue et rock n’ roll. Une embauche sur mission c’est pour les winners, c’est le pied ! A condition d’avoir le pied marin pour faire face aux tempêtes que cela peu engendrer. Avec une embauche sur profil, votre futur employeur et ses clients potentiels peuvent attendre trois mois (ils vous trouveront toujours une mission, un fond de pipe). Alors qu’une embauche sur mission c’est plus complexe. Si le client peut avoir une visibilité sur des besoins à trois mois, jamais l’appel d’offre ne partira si tôt. Le client risquant alors de crouler sous les demandes de RDV. Officiellement le travail du client n’est pas que de rencontrer les managers et les consultants.

Pourquoi cette période de trois mois ? Reprenons. Embauché sur une mission sans fin, ni intérêt, vous avez prévenu votre manager de votre souhait de changement. Vous lui avez même fowardé les mails dans lesquels il confirmait la courte durée de la mission. Depuis, ce dernier fait le mort. Vous avez donc retrouvé les cartes de visite et contacté les anciennes boîtes rencontrées jadis.

Entretien, présentation de mission, rendez-vous chez le client, validation du client, besoin urgent mais petit souci. Le droit du travail vous contraint à une période de préavis de trois mois. Et trois mois c’est une éternité. Et pendant cette éternité votre mission de rêve peut vous être soufflé par un autre consultant.

L’autre solution est de donner sa démission, de courir les entretiens à la recherche de la mission pendant les trois mois de préavis, en espérant que tous les timings concordent pour vous permettre de partir de la première mission et d’enchaîner sur la seconde. Mais il faut alors tenir compte du calendrier des entreprises.

Les budgets sont accordés sur l’année civile et non scolaire, donc en janvier vous avez plus de chance de trouver une mission qu’en septembre. Sauf que régulièrement au cours de l’année, les budgets sont revus en fonction des besoins et des évolutions. Sur des projets à risques, juin est aussi une excellente période car en prévision des vacances les entreprises font le plein de prestataires à qui l’ont pourra, plus facilement qu’à des internes, imposer de ne pas prendre de congés. Septembre c’est la reprise, la révision budgétaire et les estimations pour l’année à venir. Très bon aussi.

Tout ceci est bien sûr très théorique. Il faut tenir compte des prestataires quittant les missions et qu’il faut remplacer au pied levé, des crises, des délires du client qui vire tout le monde du jour au lendemain pour embaucher une autre équipe.

Bref si vous trouvez votre mission rêvée et que le préavis est trop long, il vous reste la possibilité de négocier avec votre précédent employeur la durée du préavis. Car la finalité de tout cela, c’est que le client ait une personne pour faire les tâches ingrates qu’il ne sait ou ne veut pas faire et que la SSII ou le cabinet de conseil touche son chèque en fin de mois. Que le prestataire s’appelle Pierre, Paul ou Jacques tout le monde s’en fiche (sauf Pierre, Paul et Jacques).

En conclusion nous indiquerons que l’embauche sur profil assure une sécurité à court terme car dès que la mission est trouvée vous pouvez partir n’importe où, faire n’importe quoi et que face à cette alternative, l’embauche sur mission implique une maîtrise du timing sur lequel le consultant n’a pas la main, au risque de voir sa mission lui passer sous le nez. Vous verrez, cela ira mieux demain.

Les meilleurs profils recherchés par les SSII ou les cabinets de conseil.

Prochain article : F comme Forfait ou Régie, le 20 novembre 2010

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