E comme EAI

Ce matin là tout allait presque bien. Arrivée au bureau, café, clope et vérification des mails de la nuit. Il était là, tapi entre le PV de validation des derniers tests et l’invitation à une conférence téléphonique. Entre ces deux courriels, le fourbe vous épiait. L’expéditeur : Votre manager. Le sujet : Évaluation annuelle individuelle et en pièce jointe un document word. Le corps du mail vous invitait à renseigner le document et à le retourner auprès de l’expéditeur. Une date et une heure étaient aussi proposées.

L’entretien annuel individuel ? L’EAI dans la novlangue du consulting. La farce des SSII et cabinets de conseil ! La plus grosse escroquerie, le plus grand viol du droit du travail. Jusqu’à présent nous avons tenté de décrire avec la justesse d’une horloge suisse le magnifique milieu du consulting. Certains nous ont trouvé partiaux, notamment dans notre jugement des managers, nous reprochant d’être très en dessous de la vérité. Mais nous ne pouvons traiter honnêtement le sujet de l’EAI sans pouffer toutes les trois lignes devant ce spectacle à côté duquel Tartuffe fait figure de farce pour comique troupier.

En dehors de tout cynisme l’EAI est presque le seul moment dans l’année où vous rencontrez votre N+1. Votre vrai N+1 pas celui qui vous a loué dans une grande entreprise. Votre vrai supérieur légal. Car grâce aux talents des SSII et cabinets de conseil, votre N+1 c’est votre manager, un commercial !

Petite pause. D’abord vous avez un métier où vous ne croisez votre supérieur qu’une fois par an. Nous vous rappelons qu’en mission, votre client, ses chefs et les chefs de ses chefs ne sont en aucun cas vos supérieurs. A tout moment vous pouvez les inviter à s’enfiler et leur demander au nom de quoi vous devriez exécuter l’ordre qu’ils vous donnent. Cependant nous vous laissons la responsabilité d’avoir invité l’ensemble d’un comité de direction à effectuer une grande farandole cul nul. Mais nous sommes preneurs des photos.

Vous n’avez pas de fiche de poste pour le travail que vous effectuez chez le client, juste une lettre de mission vous couvrant en cas d’accident du travail. Vous n’êtes pas salarié. Donc votre supérieur, vous ne le croisez qu’une fois par an et nous pouvons vous assurer que beaucoup envieraient cette situation.

Revers de la médaille, quelque soit votre situation, votre expérience professionnelle, votre expertise technique, votre culture, vous allez être évalué par un commercial. Ce point est aussi amusant, en général un employé est évalué par ses pairs. En SSII c’est une personne effectuant un métier qui n’a rien à voir avec le votre qui sera à même de définir si vous avez, ou non, atteint vos objectifs.

Nous vous laissons réfléchir à ce concept assez intéressant et qui devrait être étendu à d’autres emplois. Monsieur le curé vous n’avez pas benchmarké sur le marché moyen oriental, vous n’avez pas atteint vos objectifs. Madame l’infirmière vous n’avez pas optimisé le processus « Mort du patient », pas d’augmentation. Mademoiselle l’institutrice, les tests de non régression sur les tables de multiplication 7, 8 et 9 sont dramatiques, nous vous mutons comme flic dans la BAC. Encore une fois les entorses au droit du travail pratiquées par les SSII et les cabinets de conseil ne sont qu’un avant-goût du travail de demain. Donc se faire évaluer par un commercial c’est un peu le rossignol jugé par un porc :

Mais trêve de mauvais esprit et de cynisme facile. L’EAI est un moment d’échange et de partage, à bâtons rompus, où la hiérarchie n’a pas sa place. Bizarre, bizarre cette ambiance pour un point annuel sur le travail. Sommes-nous bêtes ? Nous sommes tous amis dans ces boîtes là.

Nous ne pouvons pas passer à côté d’un autre point important de l’EAI : c’est l’occasion de découvrir son nouveau manager. Turn-over oblige les commerciaux changent aussi. Et ils changent plus souvent avant les évaluations annuelles. Ce qui permet d’avoir cette phrase magnifique en fin d’EAI « Ecoute, je viens d’arriver sur le périmètre, je n’ai pas de visibilité sur ton travail, on en reparle l’an prochain. » Traduction : augmentation 0%. C’est vrai que tenir informer son remplaçant du travail en cours, c’est un concept que ne connaissent pas les SSII et cabinets de conseil. Tout du moins pour leurs commerciaux. Ils savent parfaitement vous faire mariner en mission pour le « transfert de compétences. »

Alors, tandis que d’une main vous répondez à l’invitation de votre manager en confirmant la date et l’heure, de l’autre vous vous penchez sur le document à remplir. D’abord vous saluez le talent du template fournit par votre entreprise. Une aussi mauvaise maîtrise de Word, de ses outils et capacités sont affligeants. Mais passons, ne glissons pas toujours sur la pente savonneuse de la moquerie vers laquelle vous rêvez de nous pousser.

Donc vous commencez à remplir le document et une question vous taraude. Allez-vous le renvoyer au manager ? Pour faire simple, le document se divise en trois parties : Vous et votre mission, les objectifs de l’année écoulée et de l’année à venir ; et l’augmentation. La seule chose qui nous intéresse c’est l’augmentation. Des objectif fixés par un mec dont ce n’est ni la fonction et ni le métier, restent une belle farce. Donc faut-il envoyer vos souhaits d’augmentation avant l’EAI ?

Les joueurs de poker hurleront au sacrilège en plaidant qu’un as dans la manche est la moindre des choses. Encore faut-il être certain de détenir cet as sous peine de faire flop et de finir dans la rivière. Les joueurs de belote argueront que de toute façon l’enveloppe d’augmentation est décidée bien avant le début des entretiens et que rien ne peut la faire changer. Car dans une SSII ou un cabinet de conseil, on ne félicite pas un employé pour son travail fait et bien fait par une augmentation. On achète, à très bas prix, le silence sur des méthodes de management douteuses.

Donc vous avez renvoyé votre document et imprimez une version pour être certain qu’il ne subisse pas une petite retouche entre temps. Prudence est mère de sûreté.

Le jour J. Vous vous retrouvez dans le même bureau que lors de votre entretien d’embauche. Rien n’a changé. Toujours les mêmes locaux glauques, les mêmes salles sales, le même manager (oui, vous faites figure d’exception mais vous avez conservé le même manager 12 mois de suite) et la même affiche vantant le dépassement de soi-même.

Votre manager arrive et annonce tout de go : « Bon alors l’EAI avec moi c’est cool, on ne se prend pas la tête, j’ai relu ton document et je suis d’accord … dans l’ensemble. » Et oui, la grande famille du consulting, on pratique le niveau zéro de la polémique (pour mémoire).

« Alors comment ça se déroule avec moi ? On check ton profil, on voit les objectifs que tu avais et ceux que je te propose et puis c’est bon. » Notez au passage que le salaire ou l’augmentation n’est plus évoquée.

Checkage de profil : «
– Bon alors je ne te demande pas de me donner ton nom et prénom, mais repositionne toi au sein du groupe.
– Et bien je suis [votre prénom et votre nom], consultant chez … non c’est un Y pour mon prénom et mon nom finit par un D. Donc consultant chez [votre boîte] depuis deux ans.
– Bien, très bien ça.
– Je suis en mission chez [votre client] depuis six mois où j’évolue dans le département [là où vous êtes] à un poste de recetteur…
– Tu n’auras pas une recette pour moi, ma copine cuisine trop mal. Ah, ah, ah. Je te l’avais dit, ambiance cool et décontractée. On discute entre potes.
– Donc à ce poste le client est très satisfait de ma mission.
– Oui, enfin je l’ai vu, il est satisfait (pour mémoire), pas très satisfait.
– Il est très satisfait, mais se désole de ne pouvoir me proposer une montée en compétence plus importante.
– Et tu peux m’en dire un peu plus sur le client et son département … (Vous l’aurez compris, si le manager a l’occasion d’obtenir des infos sur votre client sans avoir à se déplacer sur site et vous offrir un déjeuner, pourquoi se priver). Dans ton fichier tu indiques avoir dépassé tous tes objectifs. Peux-tu me l’expliquer, me justifier cela ?
– Et bien je justifie cela avec le fait que l’an dernier aucun objectif ne m’a été fixé et que j’ai été vendu par vos soins…
– Arrête, tu te moques de moi là. On se tutoie.
– Donc vendu par vos… tes soins sur une mission n’ayant strictement rien à voir avec mes souhaits et mes compétences. La satisfaction du client prouve que j’ai été à la hauteur et que j’ai donc dépassé tous mes objectifs.
– Tu me permettras de mettre un bémol sur l’esprit d’équipe.
– L’esprit d’équipe ? Je suis totalement impliqué dans mon équipe projet.
– Non, je voulais dire au sein de la boîte.
– Ah vous voulez… tu veux parler de cooptation, projets internes, remontées d’information.
– Oui c’est ça.
– En matière de cooptation, je suis consultant sénior. Je ne suis plus un perdreau de l’année et mes amis ont globalement le même âge que moi avec des prétentions salariales très supérieures à vos capacités. Ils connaissent aussi votre réputation et ne voient pas pourquoi quitter leur SSII pourrie pour une SSII de merde. Concernant les projets internes, j’avais travaillé sur l’offre CFMA
(pour mémoire), j’ai rédigé toute la documentation, managé une équipe de 6 personnes et au final vous avez vendu l’offre avec un autre consultant. Quant aux remontées d’information, j’ai un contact auprès d’une ancienne boîte qui m’offre 2 000 € pour la moindre info. Non je rigole, le client m’apprécie mais n’a aucune visibilité sur la boîte et ne vous connait pas. Certains managers d’autres SSII et cabinets de conseil sont plus actifs, plus visibles et contactés avant vous.
– OK, cela a le mérite d’être très clair. Quelle serait d’après toi ta capacité à faire évoluer ton poste ?
– A faire évoluer mon poste ? Mais qui rédige ces questions stupides ? Je suis chez un client qui a besoin de moi pour une tâche précise que j’accomplis correctement, je teste des applications, vous pensez que c’est quoi l’évolution ? Que je vais devenir le concepteur de ce que je teste ? Que je vais devenir le PDG chez le client ?
– Euh… »

Comme vous l’aurez compris cette première phase sert uniquement à recueillir de l’information. Promettez cependant au manager plus d’infos sur les besoins du client mais pas avant six mois. Avantage, vous vous êtes impliqué, le manager devient alors tout moite dans son slip à l’idée de la marge qu’il va se faire. En six mois le client a largement le temps de réorganiser son plan d’action et vous, de contacter marri votre manager pour lui indiquer que les besoins n’existent plus. Mais cela peut vous permettre d’obtenir une augmentation un peu plus importante.

Nous ne nous attarderons pas trop sur les objectifs passés ou à venir. La personne qui vous évalue étant un commercial dans l’âme, les seuls objectifs qu’il puisse vous donner seront uniquement business : « Coco tu me cooptes 10 pelés. », « Coco, tu te charges du recrutement de 5 tondus. », et tout cela pour la gloire ou presque. Ce passage assez rapide sur les objectifs n’est pas qu’une figure de style mais très souvent la réalité. Le commercial préfère ne pas trop s’attarder. C’est dommage car c’est aussi le moment idéal pour demander une vraie formation.

Oh le gros mot, l’insulte suprême dans une SSII. Une formation et pourquoi pas des avantages sociaux ? D’ailleurs il y a derrière cela un autre scandale, celui du Droit Individuel à la Formation (DIF) pour lequel les employeurs cotisent. Votre employeur peut vous le refuser 2 fois et doit accepter votre formation au bout de la troisième demande. Les demandes étant annuelles, au bout de trois ans vous avez votre formation. Mais sur trois années le taux de turn-over est énorme. Donc que deviennent tous ces jours de formations cotisés ? Certainement pas pour les consultants qui doivent se former eux-mêmes. Nous vous laisson deviner. Mais, bye bye la formation. Le train de l’EAI arrive en gare de Flouze-sur-oseille.

Objectif thune. Normalement l’EAI est un moment d’échange d’égal à égal, plus de chef ni de subordonné. Dans la réalité il est difficile d’imaginer que le temps d’une conversation toutes les barrières sautent. Nous avons vu que la présentation ne sert qu’au manager souhaitant juste obtenir des informations sur le client. Les objectifs et formations sont ridicules et/ou optionnels. La seule chose qui compte donc, c’est l’argent. Et sans briser le suspens nous craignons d’en décevoir beaucoup : «
– Bien, maintenant nous allons parler de rémunération. Tu te prices à combien ?
– Euh me pricer ? Comme un Leader … price ?
– Oui, elle est super drôle, je la note pour ne pas l’oublier.  Leader Price … énorme. C’est énorme. A combien tu évalues ton augmentation ?
– Perso, à 195%. C’est la jurisprudence Sarkozy et la hausse qu’il s’est attribué d’une année sur l’autre.
– Non sérieusement, combien ?
– 22%.
– C’est assez clair et précis, tu peux me le justifier ?
– Voici les chiffres publiés, ce jour, pour l’exercice de l’année dernière de [votre boîte]. Des résultats en hausse de +15% sur les estimations du 1er semestre. Un résultat opérationnel d’activité de +33%. Un résultat net de +77% et une croissance organique prévue de +27% l’année prochaine.
– Mais tu les sors d’où ces infos ?
– Je baise la secrétaire du big boss ! Non en fait on a inventé un outil assez sympa, et qui devrait avoir de l’avenir, cela se nomme internet et permet de partager des informations. Là par exemple c’est un site bancaire qui m’a permis d’obtenir ces infos.
– I-N-T-E-R-N-E-T, tu dis ? Je vais me renseigner. Non mais là tu comprendras qu’on est dans des sphères qui ne correspondent à aucune réalité professionnelle avec tes 22 %.
– Pour ce faire voici la presse de ces six derniers mois : Challenges, Les Échos, La Tribune, Le Figaro. Je t’épargne la presse internationale cela friserait l’indécence. Régulièrement ces journaux dressent le salaire moyen des cadres poste par poste. Je suis entre 25% et 50% en dessous des prix du marché. A +22% je n’ai pas l’impression de voler qui que ce soit.
– Ah ouais, tu as un peu préparé ton entretien.
– Il fallait bien qu’un de nous deux le fasse et j’avais des doutes sur tes capacités. Dernière petite chose, je demande +22% pour rester chez vous. [Autre SSII] me propose +27%.
– Ah non, le chantage c’est inadmissible, je ne peux tolérer un tel comportement.
– Ce n’est pas du chantage, c’est informatif.
– Bon pour être franc, je t’aime bien et je sais que le client apprécie ton travail mais je ne peux te faire une réponse tout de suite. Il faut que j’en parle à mon N+43. »

Vous avez apprécié la notion de se pricer ? Vous allez adorer le besoin de validation par le N+43. Ce n’est pas votre manager qui vous refuse une augmentation, c’est votre ego boursoufflé de vanité qui demande trop. Le manager se contentera de vous remettre sur le droit chemin.

Fin de l’entretien. Vous n’aurez jamais la réponse de votre augmentation le jour même. Pour une raison assez simple. En face à face, devant le manager un des deux pourrait ne pas sortir vivant de la salle s’il donnait une réponse définitive.

Un mois après votre téléphone sonne : «
– Salut c’est [son nom], ton manager. J’ai eu le retour de mon N+43 et j’ai une super nouvelle pour toi.
– Combien ?
– Tu n’en reviendras pas. Avant il faut que tu saches combien je me suis battu pour que tu aies une augmentation vraiment significative…
– Tu t’es battu pour combien ?
– …que cette augmentation est la plus importante accordée à toute la business unit. Il faut vraiment que tu en sois conscient.
– Combien ?
– 2,19%
– Combien ?
– +2,19%. Mais attention avec application rétroactive au 01 janvier.
– 2,19%, je ne sais trop quoi dire. J’espère seulement que tu ne t’es pas trop battu pour ça. Tu as dû remonter à ton N+43 pour 2,19% !?
– Tu as l’air sonné. C’est l’émotion, la surprise ?
– Oui, ce doit être ça. Un sentiment de ce genre »

Et vous avez eu la plus forte augmentation ! Rassurons tout de suite les âmes sensibles qui craindraient de voir leur manager revenir en sang après une bataille d’augmentation. L’augmentation ne veut pas dire que vous êtes vendus 2,19% de plus au client, mais que la marge que votre commercial fait sur votre dos est réduite de 2,19%. Cela relativise rapidement son envie de se battre.

L’entreprise fait 33% d’augmentation et vous obtenez généreusement 2,19%. Amis patrons de SSII et cabinets de conseils, si lire cela ne vous choque pas, ne soyez pas choquez en retour du nombre de blogs de consultants déçus qui pullulent sur le net. Enc*lés !

Donc vous héritez de 2,19% d’augmentation. Félicitations ! Précisions que cette augmentation est … en brut. Permettez que nous appliquions la déduction qui s’impose de 30%. En net votre augmentation n’est plus que de 1,53%. Vous n’êtes qu’une merde. Même moins qu’une merde, un pet. Ne le prenez pas mal jeune prout, mais vous connaissez l’augmentation du gaz cette année ? 20%.

Mais le plus beau, c’est que votre augmentation ne couvre même pas celle de l’inflation. Cela veut dire que d’une année sur l’autre vous vous appauvrissez chez votre employeur. Étonnez-vous du taux de turn-over, quand le seul moyen de se faire augmenter c’est de signer dans une autre boîte et d’y rester jusqu’au prochain EAI. Moralité, au moment de signer votre contrat demandez à ce que votre augmentation soit calée sur celle des matières premières ou sur celle du turn-over de votre boîte, si vous voulez vraiment faire fortune. Et vous verrez, cela ira mieux demain … ou l’an prochain.

Les comptes de la SSII ou du cabinet de conseil au moment de votre augmentation

Prochain article : X comme Xp, le 30 avril 2011

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3 commentaires pour E comme EAI

  1. Consultor dit :

    Tous les lecteurs l’ont compris, ces entretiens ne servent STRICTEMENT à rien, du moins du point de vue du consultant. J’ai toujours préféré aller aux cagoinces puisque, lorsqu’on séjourne dans cet endroit, il y a au moins la satisfaction d’un besoin physiologique (le premier étage de la « pyramide de Maslow » pour ceux qui connaissent ; les quatre autres : besoin de sécurité, besoin d’appartenance, besoin d’estime, besoin de s’accomplir n’ayant évidemment aucune chance d’être satisfaits dans une SSII).

    Cependant, conseil important aux jeunes consultants : méfiez-vous comme de la peste des rubriques de type « axes d’amélioration » (ou tout autre synonyme utilisé dans la prose déhèrachienne). Les « évaluateurs » peuvent avoir envie d’y mettre un truc totalement fumeux, irréalisable ou dont l’atteinte ne pourra jamais être constaté factuellement. Quel intérêt, me direz-vous ?

    Pour le consultant, nada évidemment, d’autant qu’il n’aura jamais les moyens de réaliser quoi que ce soit dans lesdits « axes d’amélioration ». Mais pour la boîte, c’est le truc qu’elle ressortira pour justifier un licenciement soi-disant pour « insuffisance professionnelle » (quand la situation économique se dégradera) et la non-atteinte d’objectifs d’amélioration datant des calendes grecques peut ressurgir comme par magie dans les motifs de la lettre.

    Comme on dit, un consultant averti en vaut deux, ne vous laissez pas avoir.

  2. Pascal dit :

    Que dire de plus ?

    Ha oui, sur l’augmentation rétroactive :
    – tu es royalement augmenté de 60 euros, en frais, comme ça tu gagnes plus, mais ça va prendre un peu de temps, tu comprends c’est l’été il y a moins de monde au service paye

    Il a fallu 4 mois entre mon entretien et voir le changement sur la fiche de paye. J’ai eu droit à plein d’excuses bidon :
    – on a changé le logiciel en compta
    – on est en septembre, c’est la rentrée ya beaucoup de boulot pour le staff
    – j’ai signé ta feuille mais elle s’est perdue

    Après des rappels et menaces, limite pétage de plomb, ça a été versé. ça m’a poussé à quitter A**** pour 300 euros de plus. Je sais que je ne serai probablement plus augmenté, sauf si je change encore de boîte.

  3. Tutu le consultant dit :

    L’année dernière j’ai eu droit à un 3% quand l’enveloppe moyenne était de 2,5%.
    L’explication du N+1 : « Tu as fait du très bon travail. On a donc décidé de t’encourager. Mais rends-toi bien compte qu’on a dû prendre sur les autres pour que tu es plus ! »
    Ca fait toujours plaisir de se dire qu’on pique aux autres quand on a plus.

    Cette année c’est mieux ! « Ecoute avec le nombre élevé de départ, l’enveloppe globale sera divisée en moins de part. Normalement tu devrais avoir plus que d’habitude. »

    Ca fait froid dans le dos cette boîte :/

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